“19 mars pour tous”

Tribune du groupe d’opposition « Changez Deuil » – mars/avril 2019

Élus minoritaires, élus à part entière!

 

Mais pourquoi la majorité est contre la réconciliation nationale ?

Chaque année, notre groupe progressiste propose de reconnaître la date du 19 mars comme l’unique date de commémoration de la fin de la guerre d’Algérie. En vain !

La guerre d’Algérie : une écharde dans l’histoire nationale

Le 19 mars 1962, au lendemain des accords d’Évian signés entre le gouvernement français et le Front de Libération Nationale (FLN), le cessez-le-feu en Algérie sonnait le glas d’une guerre qui a marqué notre mémoire mais qui mettait aussi fin à 130 ans de colonisation ! Parce que les destins de ces deux pays ont été imbriqués, il ne peut exister de date parfaite.

La loi n’est pas respectée

La loi du 6 décembre 2012 stipule que le 19 mars 1962 est l’unique « Journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc ». Or, la majorité municipale, évoque la date du 5 décembre mise en place par le président Chirac, ne respectant ainsi pas la loi….

Les propos tenus par notre maire peuvent paraître choquants.

Cette date ne serait pas « consensuelle » alors qu’elle est reconnue par la seule association d’Anciens combattants des guerres de décolonisation. Pire, la date du 19 mars ne serait pas adaptée parce à l’issue du cessez le feu, les violences (des deux côtés) perdurent. C’est oublier que nous commémorons le 8 mai 1945 la victoire de Alliés alors que la seconde guerre mondiale s’est terminée avec la capitulation du Japon en août, après l’explosion de deux bombes atomiques ! Enfin, Le 8 août 1945, les manifestations indépendantistes algériennes réprimées par l’armée française lors des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata en Algérie auraient été la cause de 3 000 à 30 000 morts !

Pour la fin de la bataille mémorielle / pour la réconciliation !

La date du 19 mars marque la volonté partagée de sortir de la guerre. Elle permet d’honorer toutes les victimes : 27 500 militaires français décédés, 152 000 morts dans les rangs du FLN et près de 500 000 morts algériens, civils ou combattants. Comment ne pas comprendre que toute une jeunesse française d’origine maghrébine attend de tous les élus qu’ils exercent leur devoir de mémoire qui s’impose à nous. Il est bien regrettable que notre majorité refuse ce devoir d’honnêteté historique indispensable à la réconciliation nationale.

Fabrice Rizzoli, Alain Parant, Brigitte Goch Bauer, Vincent Gayrard pour le groupe « ChangeZ Deuil » et Othman Allaoui conseiller municipal d’opposition